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Translation Secrets coupables (PG) fr Print

Written by Nerey Camille; Translated by Nerey Camille

28 January 2011 | 1902 words

Secrets coupables – By Nerey Camille
Pairing: Faramir/Aragorn
Rating: PG
Disclaimer: Les personnages sont de Tolkien. Le défi original est de December. Je ne réalise pas de bénéfices sur cette histoire.

Plusieurs années après la guerre de l’Anneau, Faramir est tragiquement blessé en protégeant un étourdi Aragorn pendant une partie de chasse. Le remords du Roi est si grand que Faramir, certain déjà de sa propre mort, révèle un secret longuement gardé qui aidera Aragorn à surmonter la perte de son Intendant…

Celle-ci est la première histoire que j’aie écrite en réponse à un défi (challenge) et également ma première fanfiction comique, étant donné que j’ai tendance à produire des fics très fidèles au canon. J’espère que la traduction vous plaira, ainsi que la trame pour celles ou ceux qui ne pourraient pas lire la version originale. N’hésitez pas à laisser des commentaires !



Faramir gisait dans un lit de fortune maculé de sang, cependant qu‘Éowyn, Arwen, Beregond et tous les autres membres de la compagnie attendaient à l’extérieur de la tente, pleurant auprès du feu. Le Roi les avait renvoyés de son chevet, mais lui ne quitterait pas Faramir. Jusqu‘à l’extrême fin il refuserait de se soumettre au destin, d’accepter l’insupportable, l’inéluctable vérité.

Il trempa un linge dans de l’eau tiède pour éponger le front de Faramir.

L’Intendant ouvrit ses yeux et dit faiblement, ‘Je vais mourir, mon seigneur. Il est inutile de vous fatiguer à essayer de me guérir.’

‘Si je ne le fais pas, je vais devenir fou. Quand je pense que j’avais bu assez pour embrasser la Reine lorsque la bête est arrivée, et qu’il a fallu que toi, idiot, tu te jettes au milieu !’

‘Eh bien, c‘était le seul moyen. Le cerf était en rut, et vous étiez sur son chemin : il vous a chargé.’

Arrête de me répondre, par le courroux d’Elbereth ! Que tu doives mourir dans un accident de chasse, après tout ce que tu as enduré ! Je ne peux le supporter,’ dit Aragorn d’une voix brisée.

Faramir sourit. ‘Eh bien, c’est assez ironique. Il semble qu’après toutes ces sombres années, même ce vieux Destin a retrouvé son sens de l’humour. Je trouve cela très vivifiant, en fait.’

Aragorn lui lança un regard noir. ‘Tu peux garder ton humour noir et tes allusions. Tu es en train de dilapider ton énergie. Je suis le Roi et un guérisseur, et toi tu vas mourir vieux même si je dois te soigner jour et nuit et t’empêcher de parler en mettant une pomme dans ta bouche.’

Il commença à enlever ses bandages à Faramir pour examiner la blessure encore une fois.

‘S’il vous plaît, mon seigneur. Je préférerais avoir une mort tranquille. Cela fait suffisamment mal sans que vous y touchiez, je vous assure.’

Aragorn lui donna une vive tape sur la tête, puis poursuivit sa tâche sans écouter les protestations de Faramir. Pendant tout ce temps, il murmurait avec colère et (au moins pour des oreilles de Rôdeur) très audiblement, ‘Oui, tu aimerais bien ça. Le fidèle Intendant se sacrifiant pour sauver son Roi stupide d’un cerf. Tu as toujours voulu être le meilleur de nous deux.’

‘Pas du tout,’ dit Faramir, l’air légèrement surpris. ‘Pourquoi dites-vous cela ?’

‘Parce que !’ cria Aragorn, s’enflammant soudain. ‘Tu ne m’as jamais laissé une chance d‘être aussi bon envers toi que tu l‘étais envers moi. Tu m’as toujours surpassé en tout, loyauté, désintéressement, efficacité. Tu étais celui qui était toujours à la bonne place, n’outrepassant jamais ses fonctions, ne montrant jamais la moindre faiblesse qui aurait fait de toi un homme comme les autres. Toujours le même sourire moqueur sur les lèvres, le même sentiment de supériorité dans le cœur, sachant très bien que si mon règne était un succès c‘était grâce à toi. Et tu étais si fier, si satisfait de toi-même que tu n’as jamais daigné te mettre en avant, tu n’avais pas besoin de la reconnaissance des autres et elle ne t’intéressait pas, même la mienne,’ Aragorn s’arrêta, et soudain éclata en sanglots. ‘Et moi… tout ce temps en train d’essayer de gouverner sur tes traces… tu n’as pas idée… ça a été si difficile… et maintenant tu voudrais me quitter, et rester toujours celui qui s’est sacrifié… tout le monde pensera que c‘était de ma faute, et moi… je vais me sentir si coupable…’

A ce stade, Faramir commençait à s’effrayer. Réprimant un gémissement de douleur, il se souleva à demi sur le lit de manière à regarder le Roi dans les yeux.

‘Ceci est de la folie, Aragorn,’ dit-il fermement. ‘Je suis vraiment désolé de vous avoir donné cette impression. Elle est fausse, totalement fausse. C’est tout le contraire qui est vrai.’

Il se retint, mais un nouvel élancement de douleur lui rappela sa mort imminente. Il se décida et continua, ‘Écoutez, Aragorn, je n’ai jamais eu l’intention de vous dire ceci, mais je ne peux pas vous laisser croire ce que vous pensez en ce moment. Si je me suis comporté toutes ces années avec autant d’efficacité et de respect des bienséances que je le pouvais, ce n‘était pas par orgueil mais bien par honte. Je ne suis pas l’homme merveilleux que vous croyez.’

Il s’arrêta à nouveau ; si c‘était à cause de la douleur ou de la peur, nul n’eût pu le dire. Mais Aragorn était maintenant en train de le regarder intensément, et de boire ses paroles. Il semblait avoir un besoin désespéré de réconfort. Faramir soupira ; il n’y avait plus de retour en arrière possible. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à parler.

‘Que veux-tu dire ?’ le pressa Aragorn à voix basse. ‘Y a-t-il quelque chose que tu m’aies caché ?’

‘Oui, certes. Je ne suis toujours pas sûr que je devrais vous le dire.’

‘Faramir !’

‘D’accord, d’accord. Je ne voulais pas que vous souffriez. Mais c’est vraiment très humiliant pour moi d’admettre cela, après tous les compliments que vous venez de me faire. Je n’ose même pas penser à ce que vous allez dire de moi ensuite.’

‘Faramir…’

‘Eh bien, voici. Il n’y a pas deux manières de dire la chose. J’ai couché avec la Reine.’

L’expression incrédule d’Aragorn en entendant ces mots fut impossible à décrire. Il resta silencieux, incapable de parler, pendant que ses yeux demandaient confirmation. Avec la Reine ?

‘Oui, avec votre épouse, avec la Dame Arwen.’

Aragorn était encore en train de le fixer des yeux, muet et apparemment incapable de comprendre entièrement le sens de ces paroles. Faramir se laissa retomber sur son lit, une expression de tristesse dans les yeux.

‘Il ne faut pas la blâmer, mon seigneur. Promettez-le moi. Vous étiez parti à la guerre, poursuivre les derniers restes des armées du Seigneur des Ténèbres. Elle se sentait très seule sans vous, Reine dans un lieu qu’elle ne connaissait pas, où elle n’avait pas d’amis et aucune chance de s’en faire. Car qui oserait s’approcher d’elle, si belle et royale, femme Elfe d’une beauté merveilleuse dans une ville d’Hommes ?’

Il sourit à ces souvenirs, ce qui révolta Aragorn. Mais Faramir ne s’en rendit pas compte.

‘Elle venait parfois me voir, lorsque je travaillais, et j’essayais d’adoucir sa solitude en lui parlant de votre retour imminent. Mais vous êtes resté absent beaucoup plus longtemps que nous ne nous y attendions. Alors, une nuit, sa suivante l’a trouvée en pleurs et m’a fait appeler. Lorsque je suis arrivé, elle se tenait au milieu de sa chambre à coucher, ses yeux étincelant de larmes. Elle m’a regardé… et bon, vous savez,’ acheva-t-il, avec un sourire mi-gêné, mi-effronté.

Aragorn l’observa pendant quelques instants en silence, le corps agité de tremblements, des émotions puissantes luttant sur son visage.

‘Maintenant vous serez consolé de ma mort,’ dit Faramir d’une voix satisfaite, quoique très faible, avant de s‘évanouir sur son lit, épuisé par cette confession d’agonisant.



Quelques jours plus tard, son état d’esprit était tout autre. Il fut absolument alarmé de constater qu’il n‘était pas mort, et ce qui était pire, qu’il était en bonne voie de convalescence. Les efforts incessants d’Aragorn avaient obtenu ce que Faramir n’aurait jamais cru possible –qu’il survive à une horrible blessure pratiquement sans séquelles– et il était maintenant convaincu que sa confession avait doublé la volonté du Roi de le sauver ; pour lui faire subir une vengeance complète, sans aucun doute.

Pendant ce temps, Aragorn lui prodiguait des soins infatigables, mais son visage avait toujours un sourire narquois qui, de l’avis de Faramir, ne présageait rien de bon.

‘Pourquoi souriez-vous ainsi, mon seigneur ?’ interrogea-t-il un jour. ‘Êtes-vous en train d’imaginer comment vous me tourmenterez une fois que je serai guéri ?’

‘En effet, oui,’ répondit Aragorn, riant ouvertement. ‘Je ne te laisserai jamais oublier maintenant que tu es un homme comme les autres.’ Il arrangea un oreiller avec un soin particulier avant d’ajouter, avec un imperceptible clignement d’yeux, ‘Je te suis très reconnaissant de m’avoir fait cette confession.’

‘Reconnaissant ?’ dit Faramir d’une voix entrecoupée.

‘Bien sûr. Maintenant je sais que tu n’es pas meilleur que le reste d’entre nous. Je me sens beaucoup moins coupable d’avoir permis que tu t’interposes entre ce cerf et moi.’

‘Mais – mais – vous ne m’en voulez pas d’avoir couché avec la Reine Arwen ? Même si, bien sûr,’ ajouta-t-il, se rattrapant rapidement, ‘ce n’est arrivé qu’une seule fois.’

‘Mon cher Intendant, je ne peux pas t’en vouloir pour cela. Ce ne serait pas honnête. Vois-tu, je n’ai pas fait mieux que toi à ce niveau-là.’

Faramir le regarda d’un air soupçonneux, son expression s’assombrissant soudain. Aragorn lui adressa un sourire joueur.

‘Eh bien, j’ai certainement couché avec la Dame du Rohan l’autre soir. Ou devrais-je dire avec la Princesse de l’Ithilien ?’

Faramir fut frappé de stupeur.

‘Vous avez quoi ?’

‘Vraiment, il ne faut pas la blâmer. Elle était tellement convaincue que tu allais mourir. Elle était folle de douleur. Elle est venue à moi –tu sais qu’elle a toujours eu un faible pour moi, même avant votre mariage– et je l’ai réconfortée et, bon, tu sais.’

Faramir resta muet pendant quelques secondes, puis explosa, ‘Et elle me reprochait d’avoir consolé la Dame Arwen ! Je vais la tuer !’

‘Tu veux dire que tu le lui as dit ?’ demanda Aragorn, complètement stupéfait.

‘Bien sûr que je le lui ai dit. Elle était en Rohan à l‘époque, mais j’ai commis l’erreur de lui en parler à son retour.’

‘Aaaaaah,’ dit Aragorn, comprenant soudain, ‘bien sûr. C’est à peu près à cette époque que tu as été porté malade pendant quinze jours. Mais aussi, quelle folie de lui en faire part ; moi, je ne l’aurais jamais raconté à la Reine. T’a-t-elle fait très mal ?’

Si elle m’a fait mal ? Après ce qu’elle m’a fait, je n’avais plus peur de votre colère. Je ne voulais pas vous décevoir, bien sûr, mais j’ai surtout gardé le silence pour vous éviter des souffrances, comme je vous l’ai dit l’autre soir. Eh bien – je jure que je vais la tuer.’

‘Cela ne sera pas nécessaire, très cher,’ dit la Reine du Gondor en entrant dans la tente. ‘J’ai tout entendu. Maintenant que la totalité d’entre nous connaissons nos petits secrets respectifs, le Roi n’aura plus d’objection à ce que nous prenions tous du plaisir ensemble, comme je l’ai désiré depuis que l’Intendant m’a honorée de sa charmante compagnie.’

FIN

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